Conseils d’administration et climat : de la prise de conscience à l’action

L’année 2021 a battu tous les records de chaleur et paradoxalement restera sans doute une des plus fraîches dont nous nous souviendrons : l’urgence ne peut plus être niée. Cette même année a eu lieu la COP26 au cours de laquelle près de 200 pays se sont engagés à renforcer leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effets de serre. Le secteur privé a également une responsabilité à prendre des actions drastiques dans ce sens. Une organisation a, au travers de ses activité un impact positif ou négatif sur la société et dès lors a un rôle crucial à jouer pour contribuer à atteindre ces objectifs. Encore faut-il que son organe dirigeant comprenne les enjeux et agisse concrètement. 

Une certaine prise de conscience de l’urgence climatique, mais encore trop peu d’actions concrètes

En ce qui concerne les entreprises, les conseils d’administration ont pris conscience de l’importance des enjeux climatiques mais la majorité d’entre eux peine encore à prendre des mesures concrètes. C’est ce que révèle une étude publiée en décembre dernier par le cabinet Heidrick & Struggles en partenariat avec Chapter Zero France et l’école de commerce INSEAD. 

Une conclusion importante de ce document est que les administrateurs ont pris conscience de l’importance des enjeux climatiques, et que ces questions se sont fait une place dans les discussions des conseils d’administration : 75% des membres de conseils d’administration interrogés considèrent que le changement climatique est très important pour la réussite de leur entreprise.

Néanmoins, malgré cette prise de conscience, l’étude révèle également que la majorité des conseils d’administration peine à traduire ces considérations en actions concrètes. En effet, 43% des participants interrogés ont répondu que leur entreprise n’avait pas d’objectifs clairs de réduction de leurs émissions de gaz à effets de serre. Les connaissances des administrateurs en matière d’environnement et de changement climatique semblent également faire défaut, puisque 85% des répondants considèrent que leur conseil d’administration devrait augmenter leurs connaissances sur ces questions.

Dès lors, comment agir si l’organe dirigeant d’une société n’est pas au fait du plus grand enjeu de l’histoire de notre civilisation ? Comment fixer des objectifs de réduction d’impacts négatifs s’il manque une compréhension de ceux-ci et des risques associés pour la société ? 

Des engagements ambitieux mesurables et évalués chaque année doivent être mis en place par les conseils d’administration

L’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui ne nous laisse plus le choix. Nous ne pouvons plus nous contenter de déclarations et promesses, nous devons maintenant prendre des mesures concrètes afin d’inverser la tendance si nous voulons limiter le réchauffement climatique à des niveaux tolérables pour le vivant. 

Afin d’atteindre cet objectif, les entreprises se doivent d’augmenter leur connaissance climatique dans leurs conseils d’administration (et parmi leurs employés) et fixer des objectifs concrets de réduction des émissions, faute de quoi elles risquent de devenir obsolètes. Selon Heidrick & Struggles, les entreprises qui refusent de prendre des actions concrètes pourront perdre leur « licence to operate » , tant le changement climatique est un sujet crucial. Cette citation d’un exécutif ayant participé au sondage en dit long sur l’enjeu : « Le changement climatique devient rapidement la conversation la plus importante dans les conseils d’administration et nécessite un leadership courageux. Il est absolument essentiel pour toute entreprise qui souhaite prospérer au-delà du court terme ».

Image de Bl Evolution

Une bonne incitation : un nouveau cadre légal…

En Suisse comme dans de nombreux autres pays, de nouvelles directives ont été établies pour répondre à l’urgence environnementale et exiger plus de transparence de la part des grandes entreprises. À la suite du rejet de l’initiative « Entreprises responsables » dans les urnes en novembre 2020, un contre-projet a été établi par le Conseil fédéral et de nouvelles directives pour le rapport climatique sont entrées en vigueur en Suisse le 1er janvier 2022.

Ce texte prévoit l’obligation dès 2024 pour les entreprises de plus de 500 employés et dont le total du bilan dépasse 20 millions de francs ou le chiffre d’affaires est supérieur à 40 millions de francs, de publier chaque année un rapport sur les questions climatiques. Ce rapport devra mettre en évidence le risque financier lié au changement climatique pour l’entreprise ainsi que l’impact de son activité sur le climat et l’environnement.

En parallèle, le Conseil fédéral a également adopté des mesures pour une place financière durable et pour prévenir le greenwashing. Ces mesures consistent à améliorer la transparence, renforcer l’analyse des risques et développer l’engagement de la Suisse sur le plan international. Reste à voir comment ces mesures seront traduites en actions concrètes par les entreprises suisses et si elles seront contraignantes ou non.

…et des nouveaux standards internationaux liés au rapport climatique

L’impulsion pour de nouvelles normes en matière de reporting climatique ne vient pas uniquement des gouvernements, mais également d’organismes privés. En effet, la fondation à l’origine des normes IFRS a annoncé en 2021 la création du ISSB (International Sustainability Standards Board) en réponse à la demande grandissante des investisseurs pour plus de transparence de la part des entreprises concernant leurs actions liées au changement climatique. Deux prototypes ont été publiés, présentant des critères de reporting liés au climat ainsi qu’à la durabilité en général.

Il est important de noter que ces standards visent à répondre aux attentes des investisseurs plus qu’à celles de la société ou à adresser l’urgence climatique. De plus, il n’est pas encore très clair en quelle mesure ils seront adoptés par les juridictions ainsi que s’ils prendront un caractère contraignant ou non. Néanmoins, cette initiative démontre l’importance grandissante pour les entreprises de prendre leurs responsabilités et constitue un premier pas vers une standardisation des normes en matière de reporting climatique.

Comment se préparer à ces changements ?

Au vu de l’urgence climatique à laquelle nous faisons face, les entreprises ne peuvent plus se permettre de rester inactives et doivent sans plus attendre se préparer à prendre en compte les risques qu’elles engendrent et les risques pour leurs activités. 

Chez The Positive Project, nous aidons les entreprises à intégrer les enjeux liés à la durabilité dans leurs activités. Par le biais de conseils en gestion financière, en reporting et en durabilité, nous aidons nos clients à prendre leur impact environnemental en main et à se préparer aux nouvelles normes. Nous proposons également des formations en reporting et en durabilité afin d’améliorer les connaissances environnementales des membres des conseils d’administration, qui est cruciale afin de prendre des mesures concrètes et à la hauteur de l’urgence climatique. 

Ensemble, nous pouvons développer des solutions pour faire face à l’urgence climatique et éviter le pire. Néanmoins, nous devons agir dès aujourd’hui et continuer à exiger toujours plus de transparence de la part des entreprises. 

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